4 idées reçues sur l’autisme

Quatre parmi d’autres

Il existe de nombreuses idées reçues sur l’autisme. En France, nous avons énormément de retard sur la connaissance de l’autisme par rapport à nos confrères anglo-saxons. Je ne vais pas toutes les traiter dans cet article, je me concentrerai sur celles auxquelles ma fille, autiste asperger de 16 ans, ou moi-même avons été confrontées. Le plus souvent, ces idées reçues émanent de la sphère scolaire (enseignants ou élèves), mais pas que, j’ai eu droit à des remarques du type « ah bon, mais elle sait parler ? » ou alors « ah bon ? Oh ben ça se voit pas du tout ! » de la part de mon voisinage, ou de quelqu’un croisé au parc quand elle était plus petite.

Voici donc les 4 idées reçues qu’elle ou moi avons croisées le plus souvent dans la bouche des personnes dites « neurotypiques » :

  • « Ah t’es autiste ? pourtant, tu n’as rien à voir avec Rain Man »
  • « Ah t’es autiste, pourtant tu ne restes pas toute seule »
  • « C’est une enfant capricieuse ! »
  • « Il vaut mieux faire avec elle comme si elle était normale »

Comme pour tout autre sujet, les idées reçues sur l’autisme sont néfastes et contribuent à entretenir, dans notre société, des comportements d’exclusion.

« Ah t’es autiste ? Pourtant, tu n’as rien à voir avec Rain Man »

Image tirée du site : https://www.bloghoptoys.fr/infographie-autisme-verite-les-idees-recues

Dans les variantes de cette idée reçue, on trouve « mais pourtant, tu parles ! », ou encore « mais tu n’as pas de troubles mentaux ! » ou enfin « mais tu n’es pas un génie en maths ! »

L’image de Rain Man est complètement fausse et ne reflète pas du tout la réalité. L’autisme peut prendre autant de formes différentes qu’il y’a de personnes autistes. C’est la raison pour laquelle on appelle cela un « trouble du SPECTRE autistique ».

On parle de spectre car les caractéristiques de l’autisme sont multiples et que chaque individu peut être concerné par certaines et pas du tout par d’autres. Ainsi on retrouve les caractéristiques suivantes :

  • Difficultés à comprendre, développer et maintenir des relations sociales (décodage des codes sociaux de base comme respecter son tour de parole ou de jeux…)
  • Difficultés dans la communication verbale et/ou non verbale (ne regarde pas dans les yeux, émets des sons répétitifs…)
  • Comportements répétitifs et/ou intérêts restreints (maniérisme des mains, intérêt obsessionnel pour quelque chose, les trains par exemple…)
  • Hyper ou hypo réactivité sensorielle (sensibilité à la lumière, au bruit…)

« Ah t’es autiste ? Pourtant, tu ne restes pas toute seule »

Il n’est pas rare que les gens pensent que les personnes autistes aiment rester isolées et seule et qu’elles n’apprécient pas de vivre en société. Pour la plupart, il n’en est rien, au contraire. En ce qui concerne ma fille, elle a toujours souffert de ne « pas avoir d’amis » et se retrouvait seule à la récré non pas par choix, mais par exclusion.

Les personnes autistes, qu’elles soient enfant ou adultes, essaient d’établir des liens avec leur entourage (cour de récré, collègues de travail), cependant, l’absence de compréhension des codes sociaux de base leur valent souvent d’être considérés comme « bizarre », « mal poli », « hautain », ou « prétentieuse »

De ce fait, quand pendant des années vos tentatives de lier contacts sont émaillées de violences verbales, voir physiques dans le pire des cas, vous finirez par cesser vos efforts… et vous isoler par sentiment de protection !

« C’est une enfant capricieuse »

Image tirée du site : https://www.bloghoptoys.fr/infographie-autisme-verite-les-idees-recues

Quand ma fille était en primaire, j’ai beaucoup entendu ça de la part des enseignants. Il arrivait régulièrement que ma fille, à l’école, se mette en crise quand l’enseignant lui demandait quelque chose qu’elle ne se sentait pas capable de faire. Par exemple, elle s’est mise en crise une fois, alors qu’elle était en CP, parce qu’elle avait peur de descendre le toboggan à la piscine. A chaque fois, l’enseignant venait me voir pour me parler, et à chaque fois, j’avais le même regard, le même non-dit de « maman qui laisse tout passer » , et j’avais beau essayer d’expliquer que ma fille était hyper sensible émotionnelle…. J’avais un mur en face. C’était d’autant plus difficile à vivre qu’à cette époque, nous n’avions pas encore le diagnostic, mais moi, je savais au fond de moi, que non, ça n’était pas du caprice !!

Les enfants autistes ont une hyper sensibilité qui peut être sensorielle, émotionnelle, ou les deux. Cette hyper sensibilité peut provoquer de véritables aversions pour une odeur, un aliment, un tissu et ainsi amener un hyper réactivité émotionnelle. Ça n’est en aucun cas un caprice, et dans ces moments-là, l’enfant, le jeune, et même l’adulte a besoin de douceur et d’encouragement pour apprendre à surmonter ces émotions envahissantes.

« Il vaut mieux faire avec elle comme si elle était normale »

Cette dernière idée reçue concerne ma fille surtout depuis le lycée. Dans notre société, la différence n’est pas bien vue, le handicap est un sujet tabou et on a tendance, en présence d’une personne handicapée justement, de ne surtout pas en parler et de faire comme si de rien n’était. Cela revient finalement à « savoir » qu’il y’a handicap… mais à l’ignorer !

Or, une personne autiste, comme toute personne porteuse de handicap, il me semble, a besoin justement qu’on essaie de s’adapter à elle. Par exemple, dans une conversation, avec les difficultés à comprendre et intégrer les codes sociaux, une personne autiste peut dire quelque chose de vexant aux premiers abords. S’adapter à elle, cela signifierait de ne pas prendre au premier degrés ses dires et d’interroger et reformuler pour comprendre le sens réel de ses paroles.

S’adapter, cela pourrait aussi signifier d’aller jouer dans un coin isolé d’une cour pour éviter trop de stimulations à l’enfant autiste, d’accepter de la laisser seule pour se calmer en cas de dispute et ne pas vouloir à tous prix régler le conflit ici et maintenant, et il existe encore des tas de situation qui nécessitent de ne pas réagir comme on aurait l’habitude de faire.

Le mieux serait d’en parler tout simplement avec la personne concernée.

Comme je le disais en début d’article, ça n’est qu’un tout petit échantillon des idées reçues que l’on peut trouver sur l’autisme, si vous souhaitez en savoir plus, vous pouvez consulter les liens suivants :